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Giardino Esotico Pallanca (Bordighera, Italy)

  • adgrafics
  • May 14
  • 2 min read

Updated: May 28




Le jardin de Pallanca


Je n’aimais pas ce qui pique.

Je n’aimais pas l’exotique.


Trop grand.

Trop fort.

Trop… présent.


Ces plantes-là,

dans mon esprit,

étaient des démonstrations.

Des cris végétaux.

Quelque chose d’un peu trop.


Et puis je suis entrée.

Et quelque chose s’est tu en moi.

Le jardin de Palanca

ne s’explique pas.

Il se respire.


Il se ressent dans les paumes,

dans le ventre,

dans ce silence étrange

où le jugement tombe

sans faire de bruit.


Là, les cactus ne sont pas grotesques.

Ils sont anciens.

Dignes.

Presque timides dans leur solitude armée.


Chaque épine est une mémoire.

Chaque forme, une adaptation.


Ce que je prenais pour une exagération

était une réponse.


Une réponse au vent.

Au manque d’eau.

À la brûlure du soleil.

Une intelligence lente,

sculptée par la nécessité.


Et soudain,

ce qui piquait

devenait juste.


Ce qui paraissait trop

devenait précis.


Et cette beauté étrange,

presque défensive,

me parlait d’autre chose.


Peut-être que nous aussi

nous avons poussé ainsi.


Avec des formes qui dépassent.

Des réactions trop vives.

Des silences trop lourds.

Des élans qu’on a appelés folie,

parce qu’ils dérangeaient.


Peut-être que nos excès

n’étaient pas des erreurs,

mais des protections.


Des épines posées là

par un corps

qui voulait continuer à vivre.


Ce que l’on croit grotesque en nous

est souvent ce qui nous a sauvés.


Ce qui paraît trop

est parfois ce qui a tenu.


Et derrière ces formes étranges,

il y a une logique invisible.

Une fidélité à la vie.


Que même le sauvage

peut être exotique.


Que même l’exotique

reste profondément sauvage.


Assise là,

entre mer et désert,

j’ai oublié où j’étais.


Peut-être au Mexique.

Peut-être ailleurs.

Peut-être simplement

dans un espace intérieur

où les frontières n’existent plus.


Et j’ai compris,

sans comprendre,

que certaines choses ne sont pas faites

pour être pensées.

Seulement ressenties.


Le jardin de Pallanca

n’est pas un lieu à visiter.

C’est un lieu

où quelque chose en nous

se dépose.


Lieux: Via Madonna della Ruota 1, 18012 Bordighera Italy


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